Lorient ville

Autisme. Rompre avec certaines pratiques

20 mars 2010

L'association «Autisme, écoute et partage» apporte son soutien aux familles confrontées à ce handicap. Aujourd'hui, elle en a assez de ne pas se faire entendre.


L'association «Autisme, écoute et partage» est née en mars2007. Elle regroupe près de 371 familles sur le Pays de Lorient et Vannetais. Questions à ses responsables.

Comment définissez-vous l'autisme?
L'autisme désigne un ou plusieurs troubles envahissants du développement, troubles caractérisés par des anomalies dans la communication et dans les relations sociales. Souvent aussi, les personnes autistes ont des centres d'intérêts restreints.

Concrètement, comment agissez-vous pour venir en aide aux familles?
Par le biais d'un contrat aidé, nous avons embauché un éducateur qui va à la rencontre des familles. Il a été embauché sur la base de 26heures par semaine. Mais, pour répondre à la demande, il lui en faudrait beaucoup plus. Par ailleurs, grâce à la mairie de Lorient, nous disposons de deux assistantes de vie scolaire qui viennent en soutien aux enfants à l'heure du repas de midi.

Quels sont vos projets?
Nous en avons deux. Le premier est la création d'une petite structure d'accueil qui serait réservée aux autistes ayant plus de 35ans. Notre travail de sensibilisation auprès des élus vient de commencer. Le second est l'instauration d'un café-rencontre à destination des parents qui n'osent pas venir nous voir ou qui ignorent notre existence. La première rencontre est prévue le 1eravril au Buffalo grill.

En ce début d'année 2010, vous voulez pousser un coup de gueule. Pourquoi?
Durant ces 25 dernières années, la recherche sur l'autisme a apporté des connaissances nouvelles, remettant en question les conceptions développées jusqu'alors et dont beaucoup de parents ont eu à souffrir. En clair, l'autisme n'est pas une maladie, mais un handicap. Le problème, c'est que la France continue à se singulariser et à rejeter les nouvelles approches pédagogiques et éducatives prônées notamment dans les pays anglo-saxons pour pallier ce handicap.

Pour les familles, comment se traduit ce décalage?
Par la difficulté majeure à faire reconnaître l'autisme chez leur enfant et donc à obtenir aide et soutien. Il est navrant de voir que les commissions techniques d'orientation et d'attribution des aides au sein des maisons départementales pour l'autonomie continuent à statuer en s'appuyant sur des grilles d'évaluation qui ont plus de 25 ans d'âge. Il y a urgence à modifier ce système pour le bien des familles et de leurs enfants.

ContactJean-Pierre Mahé, président d'«Autisme, écoute et partage», Tél.02.97.65.39.55 ou 06.66.13.83.43. Permanence à la maison des parents, rue Marcelin-Berthelot, tous les jeudis, de 18h30 à 20h.